Pas de tirage !

Scrupules and co.

En consultant les exemples de tirages du site CAMOIN ( avec les Codes Secrets CAMOIN, les Lois CAMOIN, les regards CAM…), et, à partir de là, en furetant sur d’autres sites consacrés au TAROT de Marseille, par exemple Lechariot.com, ou encore une vidéo de Sébastien Michel, mes doutes lancinants sur le bienfondé moral d’un tirage psychologique qui inclue du prédictif à court ou à long terme, ou du prédictif sur ce que X ou Y pensent ou ressentent, X et Y n’étant pas le/la consultant-e, ressurgissent comme des diablotins hors de leur boîte, en plus sombres.

L’exemple de tirage du Chariot, notamment, dans lequel je ne vois pas du tout la même chose et qui assène tant d’assertions à une consultante en plein désarroi amoureux me semble particulièrement limite. Sébastien Michel s’en sort bien mieux, même si sa formule inclut une prédiction sur le futur qu’il quantifie. Son exemple proposant une évolution de la situation non conforme aux voeux de sa consultante, il « retourne » les cartes en une attitude positive, d’incitation à la patience que la réalité a confirmée, d’autant que cette prédiction prend en compte le rôle ou l’attitude de la personne qui consulte. Jusqu’à quel point la réalité ne s’est-elle pas plutôt conformée au tirage ? La prédiction n’a-t-elle pas effrayé la consultante au point qu’elle a préféré reporter son choix de vie ? Bon. Ce monsieur, que je ne connaissais pas avant ce matin, m’a l’air fondamentalement bienveillant et fin, – encore heureux ! CAMOIN propose des solutions aux cartes inversées, on est donc dans une dynamique positive aussi concernant les tirages, positive mais prédictive ! (Le reste du site « pue » la rancoeur).  Par contre, les « houla » et « hm » dramatiques de la dame du Chariot, malgré ses « N’effrayons pas la consultante avec ça » me font frissonner d’horreur !

Et ce n’est là qu’un échantillon de mes pérégrinations sur le net !
Une personne en demande de tirage est a priori dans un moment de fragilité qui le/la pousse à s’emballer vite dans l’un ou l’autre sens ! Quel pouvoir sur l’autre ! Quelle responsabilité ! Ça me hérisse…

Même si je sais apprécier les hasards formidables de certains tirages qui semblent parfaitement alignés sur la question et totalement à propos, je ne prête aux cartes et aux tirages AUCUN pouvoir magique ! Ce qui est chouette dans le Tarot, c’est que quelles que soient les cartes qui sortent, il y a toujours moyen d’en tirer une idée qui en amènera une autre et fera réfléchir utilement, parce que leurs symboles ne parlent de toute façon que de la vie.

Ainsi, plus j’y pense et plus cela me semble logique que ce soit le/la consultant-e qui formule les premières impressions produites par les cartes -avec interdiction formelle de se référer aux significations consultables ici ou là- dans leurs emplacements prédéfinis ensemble. L’oeil neuf du profane s’arrêtera forcément sur un détail qui résonnera avec son questionnement, pas nécessairement ce que le/la tarologue aurait mis en avant, et en révèlera plus par la même occasion, sur ce qui le/la préoccupe ! Le tirage pourra alors s’orienter en fonction de cela et les cartes envisageront un aspect qui resterait sinon « en marge » de la question pour le/la consultant-e.

Et là, se pose une nouvelle limite ! Un tel tirage s’apparente plus à une consultation chez un psy, non ? Et c’est un métier, ça ! On ne s’improvise pas professionnel dans ce domaine (encore que si… certain-e-s font un stage de 3 jours et collent une plaque sur le fronton de leur logement qui les valide en tant que psy selon telle ou telle approche…)

Par bonheur, pour moi, le Tarot est un système cohérent- merci Emmanuelle Iger- de cogitation personnelle, ou d’amusement « intellectuel », un peu comme les « Story Cubes » ! Consulter pour autrui et le faire payer serait pour moi un Neuf d’Epées garanti ! Même en évitant les formules comme « évolution future à court terme », « que pense/ souhaite X ou Y, quelles sont les intentions d’un tiers » dans la situation d’un-e consultant-e !

Et en les remplaçant par « le potentiel de la situation en l’état », soutenu par un « que faire pour orienter positivement le truc » ? Ou, « qu’est-ce je crois intimement que X ou Y pense de la situation/ de moi »? On resterait ainsi dans le vécu et le ressenti de la personne, en chair et en os devant les cartes. Bon, ok, je joue peut-être sur les mots, mais c’est bien ce dont il est question, non, de faire sortir des mots pour guérir les maux ? Si je ne crois pas en un pouvoir magique du Tarot, celui des mots ne fait pour moi aucun doute.

EDIT du 21/04 : voilà un article très intéressant (pour ceux qui lisent l’anglais) qui donne un exemple concret de ce que j’explique ci-dessus. C’est chez TheTarotLady !

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